Mon billet d’aujourd’hui n’est pas lié à la cuisine sans gluten, mais à un autre trouble gustatif, de plus en plus répandu, causé par l’ingestion de noix de pin.
Je vous raconte rapidement l’histoire. L’été chaud que nous avons connu a été des plus bénéfiques pour les deux plants de basilic qui poussent au jardin. Il y a quelques semaines, j’ai eu l’idée de faire du pesto. En deux temps, trois mouvements, le basilic, l’huile d’olive, l’ail et les noix de pin se sont retrouvés amoureusement dans le robot culinaire. Au menu ce soir-là: tortellinis au pesto. C’était délicieux.
Mais voilà, quelques jours plus tard, l’Être-Aimé, se plaint d’avoir un goût bizarre dans la bouche, qui persiste à chaque fois qu’il mange. Au début, on croit que le problème n’est qu’un autre symptôme de sa condition de "feluette" de l’estomac. Quelques recherches sur le Net plus tard, l’Être-Aimé m’apprend qu’il n’est pas le seul dans sa condition, et que ce goût amer pourrait être causé par les noix de pin qui se trouvaient dans mon pesto. Diantre!
Le phénomène est relativement bien documenté sur Internet et porte le nom en anglais de "pine mouth". Les coupables: les noix de pin provenant de Chine, lesquelles auraient été aspergées d’un agent de conservation. Super.
Symptômes : Ils apparaissent environ une journée après avoir mangé des noix de pin et peuvent durer une semaine. Les personnes affligées ont un goût amer, presque métallique, dans la bouche, et ce, à chaque fois qu’ils boivent ou mangent.
Légende urbaine ou canular pensez-vous? Quoi qu’il en soit, l’Agence canadienne d’inspection des aliments a néanmoins ouvert une enquête l’automne dernier avoir après reçu plusieurs appels de consommateur. Le phénomène semble également se répandre un peu partout sur la planète. Le Centre antipoison de Bruxelles aurait d’ailleurs été le premier à mettre au jour cet étrange phénomène au début des années 2000.
Même si je n’ai pas été affigée moi-même du "pine mouth", les noix de pin sont désormais bannies de notre garde-manger. Je prévois refaire du pesto demain et je remplacerai le pignon maléfique par des pistaches. Je vous en donnerai des nouvelles.
Qui plus est, lors de ce fameux épisode d’amertume buccale, je dois mentionner que j’ai mangé ces pâtes au pesto a plus d’une reprise avant de me rendre compte de la corrélation. Je confirme, c’est dégueulasse comme goût.